Samedi 16 août 6 16 /08 /Août 14:57

Je me lève toujours avant lui. Je ne sais pas à quelle heure il s’est couché hier. Maintenant le sommeil nous sépare.

Ce dimanche aussi, comme tout les autres, commence par l’incertitude. Je quitte la chambre pour aller prendre mon café dans la cuisine. Sur la table, le cendrier, quelque mégots. Il ne vide jamais le cendrier le week-end.

Sur le mur accroché à côté de mes ustensiles de cuisine je vois un martinet, un de ses trucs à bon marché qui se vendent encore par ici en superette. Après tout nous sommes à la campagne. Ici les mœurs n’ont pas encore rattrapés les villes.

Il sait bien que je n’aime pas ce genre d’objet. C’est un affront pour mon sens d’esthétisme. Je suis sensible à la beauté, au raffinement. Je n’achète jamais un objet pour ma cuisine sans considérer sa valeur décorative. Mon univers porte mon empreinte.

Lui, par son geste s’impose, me dérange, me dicte une autre règle de jeux.

Au moins je suis fixée suis le choix des armes, une première incertitude s’efface. Je me sens un peu plus à l’aise. Ce dimanche se présente cool.

Je lui en veux pour son mauvais goût qui brise les lignes de mon quotidien et qui me courbe sous sa tutelle. Me considère-t-il si peu pour associer mon image avec un objet de grande consommation. Je me veux unique, femme précieuse et exceptionnelle. La prétention est un trait indissociable de mon caractère.

Pourtant je n’ai pas le choix. J’ai accepté de mon propre gré de me plier à ses exigences. Je suis contrariée. J’ai envie de fumer une cigarette.

Je n’ai pas le droit de fumer à la maison. M, mon compagnon, n’est pas un dictateur. C’est moi qui lui ai suggérée cette interdiction. Alors il veille sur ma santé, sur mon bien être avec fermeté. J’ai besoin de sa détermination. Il ne fait jamais les choses à moitié. Avec lui pas question d’abandonner une tâche. Ce que je commence je dois le terminer. Il ne m'inflige jamais des défis envers la vie. Il est patient, il s’intéresse à mes idées, mes projets, me conseille dans mes entreprises. Il est attentif à ma petite personne, me donne l’impression que je sois le centre du monde. Il est à l’écoute permanente de mes désirs et m’encourage à les réaliser.

Puis une fois un but fixé, je dois m’y appliquer. Il ne cède jamais à mes prétextes ou caprices. J’aime cette constance, sa volonté qui surmonte m’importe quel obstacle et qui renforce la mienne. Je suis sa seule faiblesse, mais avec moi aussi il reste maître de la situation.

D’un côté le martinet, de l’autre les mégots. Mon envie de fumer s’accentue. Il ne m’est pas impossible de céder à mon désir sans courir le risque d’une punition. L’interdiction ne concerne que l’intérieur de la maison. Elle s’arrête sur le pallier. Il me suffirait de sortir pour fumer. Mais dehors, il fait froid.

Je bois un deuxième café. Une partie de la suite de cette journée se trouve entre mes mains. Elles glissent sur les lanières du martinet. Il s’agit d’un cuir assez doux, lisse d’un côté, velouté de l’autre. Le risque encourue me parait dérisoire à rapport d’un dimanche habituel. Je pense que j’étais assez sage pendant cette semaine. M est toujours juste avec moi.

Alors, vu mes bonnes prestations je décide de m’accorder un petit plaisir. Des minutes passent, la cigarette se consume.

Il est grand temps de commencer la journée, de lui préparer le petit déjeuner. Ceci n’est pas une obligation pour moi. Il ne me considère pas comme son robot ménager. Dans la semaine quand je travaille il participe au ménage. Cela ne lui pose aucun souci métaphysique. Le ménage se fait avec les mains, pas avec ce qu’on porte entre ses jambes, dit-il.

Sur la dînette j’assemble tout ce qui pourrait le tenter. Il adore ma façon de s’occuper de lui. Il n’est pas avare avec des compliments. 

A la maison c’est lui qui me conseille mes vêtements. Alors en attenant j’enlève ma nuisette et me drape de ma nudité en seul habit.

En fait je ne reste pas toute nue. Il y a ma hantise qui concerne ma taille. Je me trouve trop petite. Pourquoi pas tricher un peu avec des hauts talons.

Il est déjà réveillé. Son regard rejoint le mien. Il a une manière si attachante de m’accueillir. L’expression de son visage est le plus beau des miroirs pour moi. Je me sens belle et aimée.

Il n’est pas pressé pour déjeuner. Je lui sers le café, lui prépare ses tartines. Nous discutons, plaisantons, rions. Un couple uni et heureux de l’être. Un bel instant de complicité.

Enfin vient le moment où il s’apprête à fumer sa première cigarette. Il ouvre le paquet puis me fixe de ses yeux.

-Es-tu sortie ce matin Isabelle ?

Je n’ai pas l’habitude de mentir. Pas parce que j’ai un penchant pour une attitude morale irréprochable. Non, je ne mens pas par fainéantise.

 

C’est très pratique dans la vie. On ne risque pas de se contredire.

-As-tu fumé à la maison ?

Il me pose les questions sur un ton calme, serein. Pas la moindre allusion de reproche dans sa voix. Ses yeux me scrutent. Son attitude me pèse. Il est la seule personne qui réussit à me culpabiliser. Il n’est pas accusateur, il n’essaye pas de jouer au papa avec moi. Il me considère comme une femme adulte, responsables de ses actes et justement il me met devant mes responsabilités. Dans sa présence je n’ai pas le droit de les fuir, je dois les assumer.

Ma faute ne consiste pas dans le fait que j’aie fumé en cachette, mais dans le fait que ce soit moi qui aie crée cette situation. J’aime me sentir fautive.

Pour quoi ? Pour provoquer une réaction, une punition, un fessée.

J’ai grandi dans un milieu intellectuel, libéral, libertin, où l’on considère la sexualité comme un passe temps parmi tant d’autres qui ne comporte pas de tabou, pas d’interdits.

Ma vision de ce monde est décalée à rapport de la norme. Mes parents ont profités à fond de la liberté des années soixante-dix. Je n’ai pas de référence niveau couple. J’ai cru pendant longtemps que l’échangisme faisait partie de vie quotidienne.

Petite dernière d’une famille de trois enfants, j’étais le chouchou de mes parents et de mes frères. Je n’ai jamais été punie. J’avais droit de participer à tout. On m’a explique le monde dès le berceau.

Je n’étais jamais exclue, mais j’ai été trop jeune pour partager les libertinages que je voyais autour de moi. Alors j’étais bien obligée de me créer -en attendant la puberté- une sexualité bien à moi. Voici la naissance de mon penchant pour la fessée et bien d’autres préférences.

Je dois ajouter que je ne manque pas d’imagination en cette matière.

-Réponds à ma question Isabelle !

Je rougis devant l’homme que j’aime. Mon âge s’efface. Dans ma tête je rajeunis, troublante sensation de régresser consciemment. Etre femme adulte et gamine à la fois devant une personne qui possède assez d’intuition de s’adapter à mes besoins.

-Tu veux encore jouer à la gamine Isabelle ? Dans ce cas tu ne seras pas privée. Je m’occuperai de toi. Tu sais ce qui te reste à faire. Va chercher le martinet.

En me levant je ne me sens pas vraiment à l’aise. Dépasser le seuil où finit le fantasme et où commence l’univers de la réalisation me pose toujours un petit problème. Il me faut un petit instant pour m’acclimater. Mais je ne suis pas une débutante ; le pays où je vais m’y rendre est tellement magique que ne puis me soustraire à son charme. En vaquant sur vers hauts talons vers la cuisine je ne suis pas mécontente du début de la journée.

 

 

 

Suite


 

Par isabelle183 - Publié dans : Discipline domestique - Communauté : Ecritures Sensuelles
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